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Salon Village Copropriété à Bruxelles

Hiver 2014 – Vol.15, No.1

06/12/2014
Salon Village Copropriété à Bruxelles

La Capitale européenne entre dans la danse


Bruxelles s’est récemment jointe à la communauté internationale des copropriétés francophones, du 18 au 20 octobre dernier, en y présentant le premier salon Village Copropriété de son histoire portant sur ce mode d’habitation. À l’instar du Québec et de la France, la Belgique a voulu amorcer une réflexion sur ce que devrait être une copropriété modèle et exemplaire, à la lumière de réalités qui lui sont propres.  


L’événement se tenait dans le cadre du Salon Énergie. Une brochette de délégués québécois, français, belges, hollandais et italiens s’y sont donné rendez-vous pour débattre et échanger sur divers sujets. Jean-Pierre Lannoy, syndic de copropriété belge et créateur du Village Copropriété, a animé trois journées riches en information, lesquelles ont été marquées par le dynamisme et l’effervescence. « Il s’agissait d’une première pour Bruxelles, et je dois dire que dans les circonstances, nous avons atteint nos objectifs. Et de loin! » confirme Jean-Pierre Lannoy.  


Les visiteurs ont été nombreux à participer à cette grande danse automnale sur la copropriété. Près de 2000 personnes sont venues expressément rencontrer des organismes clés dans ce pays, par exemple l’Association belge des syndics et administrateurs de biens (ABSA), dont Jean-Pierre Lannoy est le secrétaire général, le Syndicat national des propriétaires et copropriétaires (SNPC), ainsi que l’association Planète Copropriété et Planète surélévation valorisation du patrimoine immobilier, administrées par l’avocat parisien en droit de la copropriété, Olivier Brane. Ces mêmes visiteurs ont également pu entendre des conférenciers triés sur le volet. La salle où ils ont discouru affichait complet la plupart du temps. Elle pouvait accueillir 140 personnes.  


Qu’est-ce que la copropriété exemplaire?  


« En France, les copropriétés européennes exemplaires sont celles qui performent sur le plan énergétique, et dont la gouvernance se déroule dans un climat harmonieux et assumé. Celles qui réussissent à danser le tango à trois avec les copropriétaires, le conseil syndical et le syndic de copropriété ont tout bon », est venu dire Olivier Brane, qui fut également conférencier pendant l’événement. À l’heure actuelle, le mariage entre ces trois groupes est très difficile, en raison notamment d’une communication déficiente entre eux. « Il faudrait favoriser les rencontres afin d’établir un dialogue constructif, et ainsi permettre une meilleure compréhension de leurs rôles respectifs », ajoute-t-il.  


Cette exemplarité en copropriété passe aussi par la prévention des conflits, pour éviter les recours judiciaires coûteux. « Il faut privilégier le dialogue pour les prévenir », de dire Martine Becker, avocate honoraire belge et médiatrice agréée en matière civile et commerciale, qui a elle aussi agi à titre de conférencière. Tout comme au Québec, la place allouée à la médiation en Belgique est encore timide. Malgré tout, les syndics de copropriétés belges sont de plus en plus nombreux à faire usage des outils propres à la médiation. « Ils peuvent ainsi anticiper, voire gérer les difficultés potentielles à survenir dans les copropriétés dont ils ont la charge », d’ajouter Martine Becker.  


La copropriété, un concept collectif  


Les acquéreurs de condos doivent comprendre une réalité toute simple : ils ont opté pour la vie au sein d’une collectivité, pour paraphraser Olivier Hamal, vice-président du Syndicat national des propriétaires et copropriétaires (SNPC) en Belgique. Qui dit vie commune dit partage des parties communes d’un immeuble. Les copropriétaires belges se doivent d’amasser les fonds nécessaires pour pouvoir entretenir leur immeuble, et aussi rénover ses parties communes. Cette rhétorique est bien connue au Québec, où plusieurs experts estiment que bon nombre de copropriétés manqueront de provisions pour faire à la musique, le moment venu.


La Belgique vit un peu la même problématique que celle vécue chez nous, à savoir des copropriétaires encore trop « individualistes » qui ne font pas toujours la part des choses. Ce faisant, les conditions idéales sont réunies pour sombrer dans une gestion erratique. Celle-ci conduira inévitablement à une dépréciation des appartements qu’abrite un immeuble.  


L’une des Québécoises présentes au Village Copropriété, Sonia Beauchemin, gestionnaire de copropriété et présidente de Gestion Sovica, avait un intérêt manifeste pour le Village Copropriété. « J’étais intriguée par la profession de syndic en Europe, car j’exerce ce métier au Québec à titre de gestionnaire de copropriété », dit-elle. Il faut dire qu’en Belgique, les syndics sont encadrés par l’Institut professionnel des agents immobiliers (IPI), placés sous l’autorité du « ministre ». Ceux qui pratiquent ce métier doivent en être membres. De son côté, le Québec se dirige lui aussi vers un encadrement en cette matière. Précisons que l’avocat émérite et secrétaire général du RGCQ, Yves Joli-Coeur, était également conférencier pendant l’événement, à titre de membre de la délégation québécoise.


Encadré 1


Pour sa première édition, le Village Copropriété a mis l’efficacitéénergétiqueenexergue.Il faut savoir que plus de 50 % des budgets des copropriétés, en Europe, sont consacrés à l’énergie, notamment pour le chauffage. Aux prises avec des bâtiments anciens et un manque de fonds au sein des associations (syndicats de copropriétaires), les gestionnaires doivent veiller à ce que les copropriétés ne sombrent pas dans la précarité énergétique. Tout comme au Québec, les fonds de prévoyance n’y ont pas toujours été engrangés en quantité suffisante, ce qui complique davantage la rénovation du bâti visant à le rendre encore plus efficient sur le plan énergétique.