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Gestion 101 des dégâts d'eau

Printemps 2015 – Vol.16, No.2

15/05/2015
Gestion 101 des dégâts d'eau

Gestion d'un dégât d'eau : Réagir promptement


La gestion d'un dégât d'eau en coprorpiété suppose le déploiement d'actions concertées.


Les interventions doivent être menées rapidement et de façon coordonnée. Lorsqu’un tel sinistre survient, le temps est le premier facteur à considérer, question de limiter la casse et d’activer les réclamations d’assurance au plus vite. Les firmes en gestion de copropriété aguerries sauront gérer le trafic en pareille circonstance, pour éviter que s’éternise un calvaire que l’on ne souhaite à personne.


Même si un dégât causé par l’eau devait survenir à 23h30,un samedi soir, il faudra être prêt et réagir promptement. « Téléphoner à un plombier et se rendre sur place immédiatement seront les premières choses à faire », lance Michael Chetboun, président chez Sequoia, une firme spécialisée en gestion de copropriété. Il importe d’avoir – dans les plus brefs délais – une idée précise de l’ampleur du sinistre, mais aussi d’en localiser la source, afin d’établir qui en est le responsable. «S’il s’agit d’un copropriétaire, et qu’il est démontré que le dégât d’eau a été causé par sa négligence, ce dernier devra payer la franchise du syndicat. Le montant pourrait atteindre 25000$, 50000$, et même plus. La personne fautive pourra ensuite se faire rembourser par son assureur personnel », d’indiquer Michael Chetboun.


LE TEMPS PRESSE


L’étape suivante consiste à communiquer avec une compagnie de nettoyage. Lors d’un dégât d’eau, la priorité est d’assécher les lieux sinistrés au maximum 48heures après l’événement. «Malheureusement, cette étape cruciale est souvent négligée. Quand cela se produit, des champignons finissent par apparaître et prolifèrent notamment dans les murs et sous les tapis », déplore Jan Towarnicki (Adm. A.), gestionnaire de copropriété aux Verrières sur le fleuve I à V. Il faut s’assurer qu’au final les matériaux détrempés sont complètement secs, autrement, certains occupants d’un immeuble développeront des maladies provoquées par la présence de bactéries. Il est important de savoir que les assureurs couvriront un dégât d’eau, mais n’acquiesceront pas à des réclamations ultérieures pour cause de moisissures dues à un mauvais assèchement.


Qu’à cela ne tienne, un gestionnaire compétent ne tardera pas à dépêcher les ressources adéquates sur les lieux. «Avant même qu’un dégât d’eau ne survienne, il aura prévu d’ouvrir des comptes auprès de plusieurs entreprises en nettoyage», rappelle Jan Towarnicki. Ainsi, il pourra trouver des ressources disponibles sur le-champ. Elles arriveront, généralement, une trentaine de minutes après le signalement d’un sinistre. Sur place, des préposés s’activeront à déployer les «premiers soins» qui s’imposent, par exemple ouvrir le bas des murs et créer des ouvertures à même leurs surfaces, afin d’en assécher l’intérieur à l’aide d’énormes séchoirs et de déshumidificateurs. Cela créera une circulation d’air qui permettra la ventilation des différents matériaux qui s’y trouvent. Après cette opération, les matières encore mouillées ou humides devront impérativement être remplacées. Il peut notamment s’agir de planchers en bois, voire du contreplaqué qui se trouve en dessous.


La firme en gestion de copropriété Sequoia le confirme : plusieurs dégâts d’eau sont causés par des chauffe-eau qui fuient, des boyaux de lave-linge qui ont cédé, un climatiseur défectueux, le débordement d’une baignoire ou le déclenchement d’un gicleur, pour ne citer que ces exemples.


 


La mauvaise gestion d’un après-sinistre pourrait s’éterniser en longueur. Afin d’éviter un tel scénario, la méthode et la discipline sont de rigueur, ainsi qu’un travail en concertation avec plusieurs intervenants, tels les administrateurs d’une copropriété, les compagnies d’assurance et différents corps de métier.


LA COMMUNICATION : UN ÉLÉMENT CLÉ


Dès le lendemain d’un sinistre, Sequoia diffusera deux communiqués. Le premier expliquera aux administrateurs d’une copropriété ce qui s’est passé, et comment les premières actions pour circonscrire un sinistre ont été menées. Quant au second, il s’adressera aux copropriétaires et aux locataires touchés. Ces derniers seront informés des procédures à suivre pour la suite des choses. En ce qui a trait aux appartements dont les occupants sont absents pour un certain temps, un syndicat devrait avoir en main les clés afin d’y accéder.


« Plusieurs copropriétaires ou locataires touchés par un sinistre seront sous le choc, car ils devront se reloger eux-mêmes pendant les travaux de rénovation, ce qui signifiera d’emporter avec eux plusieurs effets personnels. Pour cette raison, un cas de sinistre requiert une communication sans faille, qui ira jusque dans le fin détail, pour bien expliquer aux personnes visées comment les choses vont se dérouler », insiste Michael Chetboun. Toutes devront prendre contact avec leur assureur personnel qui les indemnisera, après avoir calculé ce qu’il en coûtera pour remplacer les biens personnels endommagés, et pour effectuer les améliorations apportées aux parties privatives, par exemple des revêtements de sols durs plus chers que ceux d’origine. La compagnie d’assurance du syndicat sera également jointe. Elle dépêchera un expert en sinistre et un évaluateur sur place, afin qu’environ 72 heures plus tard, la copropriété concernée puisse avoir en main un rapport d’expertise.


Des appels d’offres suivront pour mandater l’entrepreneur qui procédera aux réparations. Les soumissions reçues devront être scrutées à la loupe, pour s’assurer que les travaux à faire n’ont pas été surévalués, auquel cas il faudra trouver l’erreur. Une fois l’ouvrage terminé, l’entrepreneur signera une quittance stipulant que le tout est à l’entière satisfaction des copropriétaires, ainsi que du syndicat. «Cela impliquera, préalablement, de vérifier (entre autres) que les murs refaits sont conformes, notamment en matière d’insonorisation et d’isolation », prévient Jan Towarnicki.


UNE ÉPIDÉMIE


Bon an mal an, les firmes en gestion de copropriété majeure font face à des dizaines de dégâts d’eau. La gestion d’un tel sinistre exige des connaissances et une certaine expérience. Plusieurs copropriétés autogérées sont prises au dépourvu lorsque survient ce genre de situation. Elles auraient intérêt à savoir ce qu’il faut faire pour prendre les choses en main. Cela évitera les tensions au sein d’une collectivité de copropriétaires, et peut-être même des poursuites pour manquement aux devoirs de ses administrateurs. Tout compte fait, une personne avertie en vaut deux. ■