Sécuriser les copropriétés

La sécurité incendie est un élément essentiel pour une collectivité de copropriétaires. Un conseil d’administration doit y accorder une attention assidue. En fait, les administrateurs ont l’obligation, à tout le moins, de vérifier périodiquement le bon fonctionnement des dispositifs d’alarme-incendie d’un immeuble, de procéder à leur mise à jour au besoin, et d’assurer qu’ils soient fonctionnels en tout temps.

Les différents paliers de gouvernement et les municipalités imposent de nouvelles normes en la matière au fil des ans. Il importe de s’y conformer en apportant les correctifs nécessaires. Dans cette foulée, l’ajout d’équipements de détection est de mise. Ainsi, le niveau de sécurité d’un immeuble s’en trouvera amélioré, et en cas d’incendie, cela contribuera à réduire les risques de mortalité et de pertes matérielles.

LES ÉLÉMENTS IMPORTANTS


Plusieurs copropriétés québécoises ont une moyenne d’âge de trente ans. Elles pourraient, dans certains cas, comporter des lacunes en matière de sécurité incendie. Parmi les équipements de base minimalement requis, les détecteurs d’incendies (chaleur et fumée) figurent au premier rang. Ils doivent être fonctionnels et en nombre suffisant au sein d’une unité, question d’assurer la sécurité de tous ses occupants. Dans les aires communes, les avertisseurs doivent émettre un niveau sonore de dix décibels supérieurs aux bruits ambiants. et atteindre, minimalement, une pression acoustique de 75 décibels dans les chambres à coucher (lorsque les portes situées entre l’avertisseur sonore et les chambres sont fermées). Par ailleurs, les administrateurs ont intérêt à vérifier l’état de marche des extincteurs une fois l’an, et assurer la présence d’équipements de détection appropriés dans un garage. En cas de concentration anormalement élevée de monoxyde de carbone, ces équipements alerteront les occupants qui pourront alors évacuer les lieux.
Côté commandes auxiliaires, les arrêts de systèmes de ventilation, les fermetures de portes coupe-feu, la mise hors fonction des serrures électromagnétiques et les rappels d’ascenseurs sont-ils présents? Et en bon état de marche? Lors d’une alarme incendie, ces commandes permettent l’isolation du feu et facilitent l’évacuation d’un bâtiment par les occupants. Par ailleurs, la présence de gicleurs est obligatoire dans une copropriété comportant trois étages et plus.

SCHÉMAS DE COUVERTURE DE RISQUES


En juin 2000, le ministère de la Sécurité publique a adopté la Loi sur la sécurité incendie, qui interpelle notamment les citoyens, les pompiers et les élus municipaux. Son principal objectif vise à leur faire adopter « des comportements plus conformes à leurs responsabilités respectives en matière de planification, de prévention ou de lutte contre les incendies ». Cette loi a également prévu un processus de planification régionale de sécurité incendie. En d’autres termes, l’État québécois a mis à contribution l’ensemble des municipalités régionales de comté (MRC), ce qui a conduit à l’élaboration de schémas de couverture de risques. Chacun d’eux est adapté aux différents territoires de la province, moyennant une série de calculs reposant sur divers paramètres. À titre d’exemple, depuis 2008, Montréal dispose d’un schéma allant au-delà des exigences du ministère. Parmi les mesures prévues en 2009, « le Service d’incendie de Montréal (SIM)mettra en place des programmes en prévention des incendies. Pour mener à bien ce projet, il procédera à l’embauche d’une trentaine de nouvelles ressources ». En fait, l’objectif est de doubler les effectifs en prévention d’ici cinq ans.Un autre plan d’action permettra l’augmentation du nombre d’avertisseurs de fumée fonctionnels, et l’inspection « systématique » des bâtiments considérés à risques « élevés » et « très élevés ». Montréal comporte ses propres particularités. Les auteurs du schéma en ont tenu compte au moment d’en élaborer le contenu, par exemple, la construction de 110 000 nouveaux logements d’ici 2014. La prévention accrue des incendies contribue à sauver des vies, tout autant qu’à réduire les coûts sociaux astronomiques découlant de ce type de sinistre. Tous ressortiront gagnants d’une telle initiative, laquelle contribuera à préserver le patrimoine immobilier en copropriété.




Les propos contenus dans ce texte ont été exprimés par Daniel Guérin, directeur Service Technique chez SimplexGrinnel. Tél : (514) 908-6950

Montréal, le 9 août 2009