Accumuler l'argent ou faire fructifier le fonds de prévoyance

Printemps 2011 - Vol.12, No.1

04/05/2011
Accumuler l'argent ou faire fructifier le fonds de prévoyance

« À voir les taux d’intérêt ridiculement bas de ces deux dernières années, c’est pas avec ça qu’on va atteindre nos objectifs dans notre fonds de prévoyance! » Voilà le genre de phrase entendue trop fréquemment dans la pratique d’un spécialiste en placement… La réalité des syndicats de copropriété au Québec n’est pas simple quand vient le temps de parler gestion de placement du fonds de prévoyance. Pour bien comprendre le paradoxe, voyons de plus près la situation. Le rapport d’étude du fonds de prévoyance (quand le syndicat en a un!) prévoit qu’il faudrait détenir, d’année en année, x milliers de dollars pour pouvoir réaliser les travaux majeurs qui deviendront nécessaires .De l’autre côté, le Code civil du Québec prévoit qu’on ne peut investir le fonds de prévoyance que dans de placements présumés sûrs et liquides à court terme .Or, les taux d’intérêt qui sont offerts dans des certificats de placement garanti ou des dépôts à terme rachetables sont toujours très loin des taux de rendement généralement utilisés dans ces fameuse études. Que faire alors Tout d’abord, en tant qu’administrateurs, vous vous devez de prendre les  meilleures décisions possibles avec les éléments dont vous disposez. Par exemple, si vous faites, au moins à tous les 5 ans, un réexamen complet de l’immeuble et une mise à jour des coûts futurs de remplacement des composantes dont vous avez la responsabilité, il vous sera plus facile de suivre l’évolution des besoins du fonds de prévoyance. Il n’y a pas que les certificats de placement garanti (CPG) ou les épargne à terme, rachetables en tout temps à 0,60 % ou 1,25 % (taux généralement offerts par les institutions financières en 2009 et 2010) qui peuvent être utilisés pour le fonds de prévoyance. Quant à l’administration du bien d’autrui, le législateur se devait de définir certaines règles de gestion dans le meilleur intérêt du bénéficiaire, ou de la fin poursuivie. Ainsi, lorsque qu’il aborde la façon de gérer les biens et faire fructifier les sommes qui sont confiées aux administrateurs, le législateur énonce pas moins de dix catégories de placements pouvant être retenus à titre de placements présumés sûrs (art. 1339). Par exemple, il définit comme placements présumés sûrs : les diverses catégories d’obligations gouvernementales, les actions ordinaires et privilégiées des grandes compagnies canadiennes, les fonds communs de placements, etc. Le législateur va plus loin en autorisant l’administrateur à composer un portefeuille diversifié. D’où l’importance que le syndicat consulte un expert pour faire fructifier son capital. En terminant, connaissez-vous la règle du « 72 »? Celle-ci est très utile si vous cherchez à connaître le nombre d’années nécessaires pour doubler la valeur d’un capital, à partir d’un taux d’intérêt donné. Par exemple, si vous profitez d’un rendement de 2 % l’an, il vous faudra attendre au moins 36 ans pour que ce placement double de valeur! Ou, si vous préférez, il vous faudra maintenir un rendement d’environ 8 %/ année pour espérer faire doubler votre capital dans un intervalle de 9 ans. À vous de jouer!.